14.07.2008
La propulsion électrique
J'électrifie des planeurs depuis près de 20 ans, de 1m d'envergure à 4m, j'ai eu quelques modèles entre les mains. Chez nous en Ile de France, les pentes sont éloignées, notamment celles de mon club pour lesquelles il me faut parcourir 90km. Cette particularité rend l'électrique encore plus indispensable, car faire autant de chemin et se retrouver à ne pas pouvoir voler conduit à 3 attitudes: la première consiste à papoter allégrement de tout et de rien avec les modélistes présents (s'il y en a), la deuxième à balancer un planeur au trou par trop d'impatience et tenter d'enrouler à 20m du sol l'hypothétique ascendance qui va nous permettre de rouler des mécaniques et la troisième d'essuyer les quolibets jaloux qui ne manqueront pas de se faire entendre en voyant notre planeur grimper allègrement de 50 mètres et d'enrouler gentiment pendant des heures. J'ai eu l'occasion de tester la deuxième option qui m'a quelquefois coûté cher, mais finalement j'ai opté pour la troisième depuis quelques années et j'électrifie tous mes modèles, arguant qu'il est plus intelligent de centrer un planeur avec un set de propulsion qu'avec du plomb. Évidemment, je laisse de côté les puristes, souvent les mêmes qui fontpartie de la première catégorie décrite préalablement.
La propulsion électrique est aujourd'hui à la portée de toutes les bourses avec Internet qui nous offre des solutions venues des 4 coins du monde, et surtout d'orient.
Les moteurs brushless outrunner en particulier permettent grâce à leur gros couple de faire tourner de grosses hélices au rendement bien meilleur. Pour le planeur qui vole lentement, c'est un atout considérable de pouvoir entraîner par exemple une 18x12 à 7000rpm car avec seulement 800W, mon LS4 de 6,5kg monte à 45° sans aucun signe de fatigue, à sa vitesse de vol, façon presque maquette d'un grandeur montant au treuil.
Éléments indispensables dans l'ordre d'importance pour bien motoriser son planeur:
Un analyseur de puissance permettant de connaitre instantanément la puissance absorbée par le moteur
Un compte-tour
Un banc de mesure de traction statique en plus, ça ne peut pas nuire...
La cerise sur le gâteau serait une alimentation capable de passer 50A de 0 à 30V, mais là c'est du lourd! Avec l'ami André Amyot au début de l'électrique on a commencé à faire des mesures avec une telle alimentation, un compte-tour qui fonctionnait sur une radio Thobois et un shunt de quelques millièmes d'ohm pour avoir l'intensité et donc la puissance consommée. Les hélices étaient prêtées en partie par un commerçant bienveillant (Modélisme 92). Et les moteurs étaient montés sur un banc de mesure de traction statique. C'était le top!
Pour motoriser un planeur, voilà les paramètres que je choisis:
- un moteur au faible Kv (<1000)
- le poids doit être compris entre 5 et 8% de la masse totale du planeur
- la puissance devra être de 100W/kg pour faire de la pente et 150w minimum pour pouvoir le lancer en plaine
- avoir le diamètre le plus important possible tout en respectant la règle 2
- pouvoir l'alimenter avec un accu dont la tension devra être supérieure à la moitié de celle conseillée par le fabricant
Quelques exemples à travers mes motorisations. Pour chaque propulsion vous avez le coût total, et vous verrez que le coût d'une propulsion varie entre 100 et 250€.
Le Volcano, 3,7m et 4,2kg. Coût de l'ensemble de propulsion complet (accu, variateur hélice+cône, moteur): 140€
moteur C4520/700 :
- Kv=700
- Poids= 220g (5% du poids)
- Puissance=720W (j'ai 630W soit 150W/kg)
- Diamètre 42mm
- tension entre 9 et 15V (l'accu choisi sera un 4S 2200 soit 15V ou un 5S A123 2300)
L'hélice choisie, une 14x9,5, va permettre d'avoir 630W, soit 150W au kg. Avec la même hélice et le même accu, le Mega 22/30/4 que je lui destinais au départ ne permettait pas d'avoir le même nombre de tours pour la même consommation et il chauffait plus rapidement (10% environ de mieux pour le C4520). Le rendement du 4520 est légèrement supérieur au Méga dans mes essais, je pense que c'est le résultat de son architecture typiquement Outrunner et son diamètre supérieur de 6mm par rapport au Mega. Lors du 1er vol, j'ai mesuré grâce à l'alti/vario embarqué un taux de montée de 7m/s. Soit 1600m de dénivelé, ce qui fait 45mn de vol en air calme avec un taux de chute à 0,5m/s.
Le Tasid, 2,14m et 1,2kg. Coût de l'ensemble de propulsion complet (accu, variateur hélice+cône, moteur): 100€
moteur D2836 de chez RevolutionShop (revendeur Ebay)
- Kv=1000
- poids=70g (6% du poids total)
- puissance 220w (j'ai 240W soit 200W/kg)
- diamètre 31mm
- Tension 11,1v (accu choisi 3S 1800)
L'hélice choisie est une 12x6 permettant d'atteindre les 240W.
Le PIK20, 3m et 2,8kg. Coût de l'ensemble de propulsion complet (accu, variateur hélice+cône, moteur): 100€
Le moteur est un outrunner 300W acheté chez RevolutionShop.
- Kv=700
- poids 150g (5% du poids)
- puissance 300W (j'en tire 400W)
- diamètre 35mm
- Tension max 15v (accu choisi 4S 2000)
le LS4, 4m et 6,5kg. Coût de l'ensemble de propulsion complet (accu, variateur hélice+cône, moteur): 250€
Moteur 4530-405 de chez Aero-nuts
- kv=405
- poids=415g (6% du poids total)
- puissance > 1kw
- diamètre 50mm
- tension max 30v (accu utilisé 6S 4000, soit 22V)
15:54 Publié dans Les bons tuyaux | Lien permanent | Commentaires (38) | Envoyer cette note | Tags : moteur, brushless, propulsion

